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La pénurie de talents touche une firme sur deux

Thursday 7 July 2011 / Jean-françois Krähenbühl

Selon Manpower, le manque de personnel qualifié affecte 46% des entreprises suisses. Le remède s'appelle formation continue

Cherche personnel qualifié désespérément. Et de plus en plus! La sixième enquête annuelle sur la pénurie de talents, effectuée en début d'année par ManpowerGroup, confirme la tendance observée depuis plusieurs années: les employeurs éprouvent toujours plus de peine à recruter du personnel qualifié. A l'échelle mondiale, ils sont 34% à pâtir de cette carence. Au plan suisse, c'est encore pire, puisque 46% des 753 entreprises sondées sont affectées (voir infographie). Cela représente trois points de plus par rapport à l'année précédente.

«Elaborer des solutions»

Devant cette situation particulièrement préoccupante dans notre pays, Urs Schüpbach, directeur général de Manpower Suisse, estime «urgent pour les employeurs et les dirigeants de notre pays d'élaborer des solutions à long terme pour encourager la formation continue et permettre aux employés de faire correspondre leurs compétences aux besoins de notre économie».

Dans le top 10 des professions les plus recherchées, les ouvriers qualifiés arrivent en tête, tout comme en 2007, 2008 et 2010. Les managers et directeurs d'entreprise se classent au deuxième rang, après avoir disparu de ce «hit-parade» l'an dernier. Le manque d'ingénieurs se fait lui aussi sentir de façon aiguë, cette profession arrivant en troisième position (6e en 2010). Suivent les spécialistes IT (technologies de l'information), les techniciens, les médecins, les chefs et cuisiniers, le personnel de comptabilité et finance, les collaborateurs au service externe et les chauffeurs.

Les raisons le plus souvent invoquées par les employeurs qui peinent à recruter des talents sont le manque de candidats (34%), le manque de compétences techniques (31%) ou de connaissances métiers et académiques. Pour 22% des patrons interrogés, la stratégie la plus souvent évoquée pour pallier cette pénurie consiste à élargir le périmètre de recherche au-delà des limites géographiques de leur région.

Exigences plus élevées

Urs Schüpbach explique ces chiffres par une évolution des exigences des entreprises. Suite à la crise de 2008, explique-t-il, les employeurs ont constaté qu'avec moins de ressources, ils parvenaient à être autant, voire plus performants: «Les exigences des employeurs sont donc de plus en plus élevées», assène-t-il. D'où la nécessité, pour les employés, de se former tout au long de leur carrière professionnelle afin que leurs connaissances correspondent aux besoins des entreprises. Devant les difficultés rencontrées pour trouver la perle rare, Urs Schüpbach suggère la piste suivante: engager un collaborateur «à 90% compétent et le former à l'interne».